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.-- 21 Octobre 2008 .

> Les souvenirs sont plus fidèles que les amis ou les amants :
ils reviennent nous voir quand notre âme grelotte toute seule.

Ferenc Mora.



Dans un sourire, Chace descendit de la voiture d'Ethan en saluant les deux hommes. Ethan attendit que Chace soit rentré dans son immeuble avant de redémarrer et de se diriger vers chez lui. Il fallait qu'il soit honnête envers James, de toute manière il l'apprendrait tôt ou tard.

- James, j'ai oublié de te dire un détail important.

- Tu as enfin décidé d'avoir une relation sérieuse ? demanda t-il pour la taquiner.

- Pas exactement, non.

Ethan marqua une courte pause avant d'ajouter :

- Comme tu n'étais pas sur San Francisco tu n'as pas pu entendre les nouvelles, il se trouve que de nouveau des actes de malfaisance ont touché la ville mais cette fois toi plus précisément.

- Comment cela ?

- Ta maison a été brulé. Cette nuit. Il ne reste plus rien.


*


Charley referma la porte de l'appartement qu'elle louait et posa ses affaires sur le canapé avant de se diriger vers la cuisine. Elle se tenait debout devant la table à manger. Subitement, elle frappa sur le bois de la table et s'éffondra sur le sol. Elle tapa plusieurs fois sur le sol tout en pleurant, puis sa main vint se placer sur son visage pour essuyer ses larmes. Elle n'avait servi à rien, le faite de venir ici avait eu aucun effet. Sa motivation avait rien empêché, elle s'était détourné de sa tâche et s'en voulait énormément.

Ce soir quelqu'un apprendrait que sa maison a été ruiné en cendre, sur soir cette personne apprendrait que toute sa vie est en partie en fumée, ce soir il apprendrait peut-être la mort d'êtres chers, ce soir il ressentirait cette douleur qu'elle a ressenti dix ans auparavant. Sa tête entre ses mains, elle revit les images du trame qui avait chamboulé sa vie, elle revit les flammes envahirent la totalité de sa maison et imagina les corps de ses parents qui dormaient et n'avaient pas pu échapper au désastre. Elle revit les infos qui avait annoncer cet incendie le lendemain du drame.

C'était un soir de février, Charley était en pleine crise d'adolescente et donnait du mal à ses parents pour la contrôler. Il lui arrivait la nuit de fuger pour aller retrouver ses copines à une soirée arrosée à la drogue et à l'alcool ainsi qu'aux nuits prolongées avec des inconnus totalement ivres. Le mois précédent, ses parents s'étaient aperçus du réel comportement de leur fille et l'avait privé de sortie. Au début de la punition, elle préférait ne pas désobéir, mais en ce 8 février, elle reçu un message de sa meilleure amie lui annoncant qu'elle ne pouvait pas raté cette soirée sans que sa réputation n'en soit tachée. Au début elle refusa voulant regagner la confiance de ses parents puis céda, sans le savoir cette désicion changea le cours de sa vie. Elle attendit comme elle l'avait fait des centaines de fois que ses parents s'endorment. Ne pouvant plus sortir par la porte d'entrée car ces derniers avaient pris des précautions, elle descendit par le fenêtre et se faufila vers le portail. Avant de quitter la petite allée, elle regarda sa maison en prononçant un léger << Désolé ... >>. Ce simple “désolé” prenait plus d'importance avec le recul, car sur le moment elle s'escusait d'avoir désobéit mais maintenant elle s'excusait d'être encore en vie et pas eux. Le lendemain en se réveillant, elle reçue la visite du Lieutenant Mitchel qui lui annonca qu'un incendie s'était déclaré au 27ème Alemany Avenue, ayant un peu la gueule de bois, elle ne réalisa pas tout de suite qu'il s'agissait de sa maison. Et que par un plus grand des hasards elle ne s'y trouvait pas comme cela aurait du se passer. Mais on sait tous que le conditionnel est un fait soumis à une condition, une information non confirmée, la possibilité de la réalisation d'un fait. Que c'était-il passait ce jour là, pour qu'elle déroge à la règle et que cela lui sauve la vie. Succession de hasard, destin ? En tout cas depuis, sa vision des choses a changé à ce sujet qui reste sans réponse.

L'enquête concernant les causes de l'incendie restèrent inexpliqués et on classa le dossier comme “accident” pourtant cela ne suffisait pas à mettre une raison sur pourquoi il s'était déclaré spécialement cette nuit, ce soir où elle était sortie en douce au lieu de dormir elle aussi. Pourquoi était une de ses questions qui était resté sans réponse. Elle pourrait comprendre mieux que n'importe qui ce que ressentait la personne victime d'un incendie et dont sa vie part en fumée en l'espace de quelques heures. Mais comme je vous l'ai dit le conditionnel est un fait soumis à une condition, et cette condition ne veut pas toujours apparaître ou au contraire disparaître.


*


James claqua la porte de la voiture violemment et se mit à marcher énergiquement sans but et sans destination vers où aller. Ethan venait de le déposer le suivit le long de la route, il ne pouvait pas le laisser là au beau milieu de la route surtout dans un moment où on a tant besoin d'aide. James lui avait hurler de s'arrêtait quand il avait réalisé la nouvelle. James remarqua que son ami roulait au pas derrière lui, alors toujours énervé il bifurqua vers une petite allée où ne pouvait pas aller les véhicules.

Ethan désespéré, s'arrêta et le regarda partir vers je ne sais où. Peut-être qu'il avait besoin d'être seul pour digérer la nouvelle, mais il avait peur que celui-ci fasse quelque chose qu'il regretterait après. Son meilleur ami avait toujours été raisonnable et plutôt calme, son comportement le surpris connaissant sa manière d'être mais il comprenait sa réaction. Il redémarra et sa voiture fila droit vers chez lui. De toute manière quand James se sentirait mieux il reviendrait naturellement vers la maison de son meilleur ami.

James marchait toujours aussi vite et déterminé, des milliers de questions et de pensées jahissaient dans son esprit et l'empêchait d'avoir les idées claires. Il se dirigea alors vers sa maison, enfin plutôt ce qui en restait. Il y arrivit une bonne vingtaine de minutes plus tard, entre temps il s'était un peu calmé. Il découvrit les cendres de sa demeure, des équipes de pompiers étaient sur les lieux. Il ne s'en préocupa pas et marcha devant les cendres de sa maison, il s'avança et enjamba les poutres calcinés et autres débris de la maison. C'est tout de qu'il en rester ou presque. Il s'agenouillit et ramassa une sacoche en cuir qui était pas trop en mauvais état. Il passa sa main et frotta dessus jusqu'a qu'apparaisse plusieurs lettres formant un mot :
<< Waldorf >> Cette sacoche lui avait été offerte par son père tandis qu'il finissait ses études de
droit. Cet objet lui tenait vraiment à coeur car il avait une valeur symbolique. Un jeune pompier s'approcha de lui et le sortit de ses pensées.

- Je suis désolé mais vous n'avez pas le droit d'être là Messieur.

- C'est ma maison dit-il un peu fort et agressivement. Enfin du moins ça l'était rajouta t-il tristement.

Le jeune homme baissa la tête et s'éloigna le regard triste envers James. Décidement, certains ont vraiment pas de chance. Mais de quoi dépend la chance ? James se releva doucement et péniblement. Il resta debout à contempler les désastres plusieurs minutes avant de quitter les lieux en regardant les autres s'occuper des cendres, des poussières de ce qui avait été sa vie. Il ne restait plus rien de cette demeure à part peut-être des souvenirs. Mais le problème avec les souvenirs, c'est qu'ils ne sont pas matériels, ils existent juste dans notre tête.


*

# Posté le samedi 03 janvier 2009 12:04

Modifié le jeudi 15 janvier 2009 14:43

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